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15 Sept.
28 Mars

Exposition « l’Age de Pierre » de Frédéric Chaubin

Pour cette deuxième exposition de photographies dans l’avenue Gerbino, Frédéric Chaubin, artiste vivant et travaillant à Paris, a été invité par Madoura, lieu d’art, d’histoire et de création, à présenter ses derniers travaux.

Après s’être intéressé aux architectures soviétiques réalisées au cours des dernières années de l’URSS, il a constitué un nouveau corpus composé d’images de châteaux médiévaux photographiés dans toute l’Europe. Cet ensemble questionne notre rapport au réel et à l’imaginaire mais interroge aussi la construction du récit historique, le rapport ambigu que nous entretenons avec ce genre nourri d’utopies, de rêves et de désirs.
Le regard que porte le photographe (perceptible dans le cadrage choisi, l’utilisation de la lumière et les tonalités chromatiques) sur ces imposantes structures – objets inscrits physiquement dans le réel – vient réenchanter une réalité qui nous échappe et qui vient alimenter, depuis l’époque romantique, un imaginaire collectif mais aussi un « grand récit » fondateur. C’est-à-dire un système de représentations et de valeurs partagées par une communauté. Ce grand récit, historique, prend source dans cette réalité mais garde une valeur socialement et politiquement structurante.

La tentation est grande de faire des châteaux médiévaux les incarnations d’une sorte de préhistoire de la modernité même si l’aspect moderne de ces constructions semble trompeur à certains. Le titre de l’exposition pose cette question. Il se dégage, en effet, de ces monuments, de leurs volumes et formes au service d’une fonction, de leur apparent minimalisme, un esprit que l’on voudrait ancêtre du brutalisme. Il n’en est probablement rien. Le doute est, en tout cas, permis. Les systèmes de valeurs ne sont pas les mêmes. Les utopies de la modernité ne sont pas forcément celles de l’époque médiévale. La réponse architecturale, trouvée aux impératifs défensifs et à la volonté de structurer la société de l’époque, par ces contraintes, n’est pas celle envisagée par les architectes du XXe siècle qui ont répondu à un questionnement autre. La discussion reste ouverte.

Gardant une grande part de leurs secrets, auréolés de mystères du fait de l’inaccessibilité à ce qu’ils avaient à révéler à la raison, les châteaux ont été longtemps objets d’une représentation traditionnelle : une autre forme de « mistère », souvent sur la base d’une imagination et d’une croyance populaires qui ont donné lieu à la construction d’un récit plus ou moins fabuleux. Cette représentation était déformée, amplifiée mais, comme le mythe, elle se voulait explicative et surtout fondatrice d’une pratique sociale dans un contexte toujours particulier, celui des valeurs fondamentales d’une société à la recherche de sa propre cohésion. L’époque romantique en est l’archétype.

On le voit, il y a difficulté à choisir entre logos et mythos, entre rationalité scientifique et discours philosophique. Faut-il vraiment choisir ? Tout discours même rationnel se construit sur une base qui, par sa dimension temporelle, ne l’est pas. Le discours historique, linéaire, déchronologique est toujours subjectif. Son écriture s’effectue depuis un point particulier : le présent, à l’origine de l’énonciation, aboutissement structuré a posteriori. L’explication est rétrospective. Le récit historique reste donc la constitution d’une mythologie d’origine, d’une légende, – « légende » tirant son étymologie du latin médiéval « legenda », « ce qui doit être lu » –, tant la distance qui nous sépare de ces constructions, que suggère les prises de vue souvent distancées de Frédéric Chaubin, n’est pas cette « juste distance » de l’approche scientifique mais plutôt celle révélant ce vide immense qui nous sépare de l’époque de construction de ces formes architecturales si fascinantes, parées aujourd’hui d’une étonnante aura poétique.
(texte Yves Peltier).

Du 28/03 au 15/09/2019, tous les jours. Les œuvres sont en libre accès, exposées sur les murs de l'avenue Gerbino.
Tarifs : Accès libre.

Lieu

Madoura, lieu d'art, d'histoire et de création, Rue Suzanne et Georges Ramié, Vallauris Golfe - Juan, France.
GPS : 43.577318, 7.054143
La manifestation est susceptible d'intéresser des spectateurs habitant ou résidant dans un rayon de 70 à 200 km.
Type d'évènement : Culturelle
Thème : Photographie



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